Je me souviens par Patrice Berger

Merci à François Mitterrand, et au travail mené, dans les médias associatifs et parmi les élus de la République.
En 2011 la première secrétaire du PS du Rhône Christiane Demontes, m’avait demandé de rendre hommage à François Mitterrand dans le cadre d’un hommage global du parti autour du trentième anniversaire du 10 mai..
Reprendre cet hommage, c’est, deux générations plus tard. Ce sont mes petits enfants qui maintenant à l’école, au collège commencent à faire de la radio.

Et pas mal de choses ont changé.

Les radios lyonnaises comme radio Canuts-radio Guignol, radio Calade, les toutes premières en 1977-1978, puis radio Pluriel en 1981, et la même année radio Bellevue, radio Trait d’union et radio Fourvière devenu par la suite RCF, radio Val de Reins à Amplepuis, radio Jacasse à Villefontaine, radio Sol à Ouillins, Radio Charpennes Tonkin à Villeurbanne, radio Arménie à Décines, radio Brume à Lyon, radio Julie à Bron et pas mal d’autres radios dans notre région ont eu du mal à obtenir une fréquence fm de la part de la Haute Autorité mais surtout du mal à trouver les subventions nécessaires à un bon fonctionnement qui nécessitait en plus du travail des nombreux bénévoles de nos associations un enrichissement possible par des journalistes et des techniciens capables d’œuvrer avec eux.

C’est en cela -car la question n’est pas tout à fait résolue dans nos territoires- qu’il est nécessaire d’articuler les fonctions des élus de proximité avec celle des militants associatifs. Les médias associatifs sont là pour faire connaître au public la qualité du travail mené localement notamment par le monde associatif mais aussi pour favoriser les relations dans une ville entre les groupes d’âge et entre les nouveaux venus et les anciens habitants, globalement pour travailler sur la culture locale. Nous avons aussi besoin de travailler avec les enfants et les adolescents et de leur montrer comment se fait le métier de journaliste.

On cite souvent le travail mené par deux journalistes, Marcel Trillat et Jacques Dupont, dans le développement d’une radio très belle à Longwy, Lorraine cœur d’acier. Mais cette radio libre montée par la section longovicienne de la CGT dura peu de temps, car la direction du PCF voyait d’un mauvais œil ces radios associatives qui se développaient alors. Ce qu’on connaît moins c’est le travail collectif mené par une radio plus ancienne de Longwy, la radio proche de la CFDT, SOS emploi. C’est autour de cette radio qu’a été constitué dès 1979 le premier regroupement des radios pirates, la Fédération Nationale des Radios Libres.

Depuis, dans toutes les régions de France et des territoires d’outre mer se sont développés des fédérations régionales de radio. Celle que nous avons maintenant en Auvergne Rhône Alpes, réunit aujourd’hui 39 radios de territoires. C’est aurafm.

Quelques éléments nouveaux que je voulais souligner aujourd’hui :

Entre 1992 et 2012 à l’initiative du Fonds d’action sociale soutenu par le ministre de la Solidarité et de la Santé a été créé le Groupement d’intérêt public Echanges et Productions radiophoniques, à la suite d’une réflexion d’une année mené avec le président de Radio France International et le président de l’Institut du monde arabe ; Edgard Pisani, l’EPRA a été fondé. Quatre représentants des radios , de Paris, Marseille, Toulouse et Lyon ont indiqué qu’au-delà des émissions proposées par RFI ou l’INA, les radios associatives elles-mêmes pourraient apporter leurs propres contributions aux échanges. Cela a fonctionné pendant vingt ans. Au début des années 2000, l’Epra avait été dirigé par Jacques Toubon. Mais en 2012, l’Etat a décidé de ne plus financer ce GIP qui réunissait alors 180 radios pour la diffusion.. Les émissions numérisées sont maintenant en charge de l’Institut national de l’audiovisuel. Les dirigeants de l’EPRA y ont mis ces émissions pour qu’elles circulent au mieux dans le cadre scientifique de l’OAI-PMH. Mais ce travail de lien, entre ces émissions et les recherches scientifiques n’est pas du tout opéré, pour le moment.

Alors que, de leur côté, l’IMA et RFI développaient bien des écrits et bien des vidéos, les radios elles-mêmes ont commencé à écrire et à filmer. Bien d’autres structures associatives font aujourd’hui ce travail portant sur l’immigration et la politique de la ville. Il y aurait nécessité de lier ce travail de production et d’échanges à celui mené depuis des années par les radios avec le Fonds de soutien à l’expression radiophonique. Or tout ce travail des médias citoyens est nécessaire . Mais les deux fédérations de médias citoyens de Lyon et de Marseille sont encore trop peu connues et trop peu soutenues.