20 mars 1977 – Une contribution de Claude Hemmer, Alain Léger et Jean-Michel Sauvage

Nous sommes le dimanche 20 mars 1977, en soirée.

Il y a un débat politique sur TF1, à l’occasion du second tour des élections municipales.

Parmi les invités, Brice Lalonde, l’un des dirigeants de l’association Les Amis de la Terre (organisation écologiste de l’époque, venue des Etats-unis, et déjà active aux élections présidentielles françaises de 1974, avec la candidature de René Dumont).

Brice Lalonde

Brice est un candidat à Paris plutôt heureux : 10,1 % des voix pour une première tentative. Prenant la parole, il dénonce notamment une communication audiovisuelle muselée, au seul service du pouvoir politique en place (V. Giscard d’Estaing, président de la République).

Soudain, Brice Lalonde présente, devant les caméras et les journalistes, un « transistor » (radio à piles), appuie sur un bouton et annonce, en substance : « voici une véritable radio libre : Radio Verte ! »
 
En fait, il s’agit d’une petite supercherie. Proche du plateau, Antoine Lefébure, son « complice » et véritable porteur de cette initiative « libératoire », utilise un très petit émetteur FM compact et un magnétophone sur lequel est enregistré un semblant d’émission avec des jingles. On y entend, en particulier, un bêtisier totalement inédit, moquant la radio périphérique RTL. L’effet de ce coup médiatique sans précédent sera considérable, en particulier dans la presse qui considère, peu à peu, les radios libres comme un nouvel acteur, turbulent mais innovant, du monde des médias.

Quelques semaines plus tard, les promoteurs de Radio Verte achèvent la fabrication d’un émetteur de 50 watts, qui va permettre de couvrir, réellement cette fois, Paris et ses tout proches environs.

Radio Verte : Alain Hervé, Jean-Edern Hallier (dans son appartement), Antoine Lefébure, Brice Lalonde
La véritable première émission a lieu le 13 mai 1977, à 19 heures, depuis l’appartement, Place des Vosges, à Paris, de Jean-Edern Hallier (écrivain très connu à l’époque et régulièrement « transgressif »), sur la fréquence de 92 MHz, avec cet émetteur bricolé par Sylvain Anichini et Jean-Luc Sendowski.
Autour du micro, on retrouve Alain Hervé (directeur de la revue « Le Sauvage »), Brice Lalonde, Jean-Edern Hallier et Antoine Lefébure.
 
Huit ans après la première tentative étudiante, en 1969, de Radio Campus, à Lille, le mouvement des radios libres est véritablement lancé !
 
 
 
(les auteurs des deux photos peuvent se faire connaître; ils seront crédités comme tels)